Investissements à Bromont : le froid attendu avec impatience

Un chalet vitré en haut de la montagne offrant une vue panoramique. Une nouvelle remontée mécanique. Le renouvellement des canons à neige. Ce sont plus de 16 millions de dollars que Bromont, montagne d’expériences a investis dans la station, histoire d’attirer un plus grand nombre de skieurs sur ses pentes pour la saison qui s’amorcera sous peu.

« On est fébrile », lance d’entrée de jeu Charles Désourdy, président de la station de ski des Cantons-de-l’Est. En entrevue la semaine dernière, il attendait avec impatience le froid qui permettra à ses troupes de fabriquer de la neige. Et pour cause : avec l’argent investi pour améliorer l’accueil et l’expérience des skieurs, Bromont doit connaître une bonne saison. D’autant plus qu’il souhaite attirer une nouvelle clientèle venue de l’Ontario. « Quand tu investis, tu recherches une rentabilité, souligne M. Désourdy, dont la station vend en moyenne chaque année entre 130 000 et 200 000 billets journaliers (jour et soir). Mais ce qui m’intéresse, c’est la durée dans le temps. »

Celui qui envisage de donner accès à ses pistes à partir du 30 novembre se réjouit déjà à l’idée que les skieurs puissent profiter du tout nouveau chalet situé au sommet des pentes – le seul du genre dans la région – ayant une capacité de 316 personnes. Et la terrasse pourra accueillir une cinquantaine de sportifs supplémentaires.

Rentabilité

Dans l’industrie du ski, où le succès dépend notamment de l’achalandage pendant la période des Fêtes et la semaine de relâche, il est nécessaire d’investir pour attirer des skieurs, estime Charles Désourdy.

D’ici 2023, Bromont prévoit d’ailleurs ouvrir un hôtel de 160 chambres combiné à un projet d’une trentaine d’unités de condos. Ces nouveautés, tout comme le chalet au sommet, la remontée mécanique et l’amélioration de l’éclairage, s’inscrivent dans le cadre du projet Altitude, d’une valeur de 101 millions de dollars, financé en parts égales par le gouvernement du Québec, Desjardins et Bromont, montagne d’expériences.

On veut qu’une partie de notre clientèle devienne un marché de destination, qu’elle reste chez nous pendant deux ou trois jours.

Charles Désourdy

Celui-ci souhaite notamment conquérir les skieurs ontariens. « Il y a beaucoup d’Ontariens qui vont à Tremblant, Sainte-Anne ou dans l’Est américain. On aimerait qu’ils viennent chez nous. »

Bromont mise aussi chaque année sur le succès de son ski de soirée. « Le secret, c’est le ski de soirée, affirme sans détour Charles Désourdy. Le coût d’opération est minime. Le déneigement est déjà fait. Les bâtiments sont déjà chauffés. C’est très rentable. C’est presque 100 % du bénéfice de l’entreprise. »

Le secret est dans la neige

Par ailleurs, la station des Cantons-de-l’Est n’est pas la seule montagne à avoir annoncé des investissements en prévision de la présente saison. Owl’s Head, Les Sommets, Mont Tremblant, Mont Sainte-Anne et Stoneham comptent également parmi les stations qui ont remplacé une remontée mécanique ou encore amélioré leur équipement destiné à la fabrication de la neige. Dans la plupart des destinations de ski, on se disait prêt à faire fonctionner les canons. Les équipes étaient déjà en place la semaine dernière.

« Les systèmes sont prêts, on n’attend que le froid », affirme François Leduc, directeur des ventes et du marketing à la station Owl’s Head, située à Mansonville, dans les Cantons-de-l’Est.

« L’enneigement, je pense que c’est une priorité de l’industrie du ski au Québec », souligne Lisa-Marie Lacasse, chef de service aux communications pour le Mont Sainte-Anne et Stoneham. « Une station de ski, ça implique beaucoup de machinerie. On n’a pas le choix d’entretenir et de renouveler des pièces. »

Et à quel genre de saison peut-on s’attendre cette année ? Nul ne peut le prédire, mais tous s’entendent pour dire que l’an dernier a été exceptionnel. « Ç’a été une saison record, se rappelle Louis Philippe Hébert, président et chef de la direction pour le groupe Les Sommets (Saint-Sauveur, Edelweis, Morin Heights, Olympia et Gabriel). On a fermé le 8 juin », ajoute celui qui souhaite répéter l’exploit cette année.

La plupart des stations devraient ouvrir leurs pentes d’ici à la fin du mois de novembre.

D’autres investissements

Saint-Sauveur

PHOTO FOURNIE PAR SOMMET SAINT-SAUVEUR

Le Sommet Saint-Sauveur

Quelque 8,6 millions de dollars ont été investis au Sommet Saint-Sauveur cette année. Les skieurs pourront notamment profiter de la toute nouvelle remontée mécanique Sommet Express – projet de 7,5 millions – dont les sièges chauffants ont la capacité d’accueillir six personnes à la fois. On a également fait l’achat de nouveaux équipements pour entretenir les pistes et renouveler l’équipement en location.

Owl’s Head

PHOTO FOURNIE PAR OWL’S HEAD

Owl’s Head

La station des Cantons-de-l’Est a elle aussi décidé d’investir dans une nouvelle remontée mécanique pour une valeur de 3,5 millions de dollars. Celle-ci permettra d’amener 2200 skieurs à l’heure au sommet.

Tremblant

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Le mont Tremblant

Tremblant a de son côté décidé de miser sur l’amélioration de l’enneigement avec l’achat de nouvelles dameuses. On a aussi procédé à des rénovations du chalet principal au sommet. Autre nouveauté : une roulotte alimentaire se déplacera un peu partout sur la montagne pour permettre aux skieurs de se sustenter. Coût total de ces projets : 10,3 millions de dollars.

Mont Sainte-Anne

PHOTO FOURNIE PAR MONT SAINTE-ANNE

Le Mont Sainte-Anne

Dans la région de Québec, on a investi 1,3 million de dollars au Mont Sainte-Anne pour l’enneigement et la machinerie dans le but ultime d’améliorer la qualité de la neige.

Source : La Presse.ca
Nathaëlle Morissette

Photo de BME : Bernard Brault Archives de La Presse