Un nouveau chef au Domaine Château-Bromont

Jimmy Bussières : L’audace récompensée

« Le matin, quand j’arrive ici, je prends quelques minutes pour me poser sur la terrasse et prendre mon café en regardant le panorama. C’est mon instant de détente. Le calme avant la tempête. »

Nommé chef exécutif du Domaine Château-Bromont au début de l’été, Jimmy Bussières est un chef heureux et comblé, qui ne regrette nullement avoir choisi, voici quelques années, de délaisser une potentielle carrière en informatique pour vivre pleinement sa passion de la cuisine. « Vous m’imaginez assis sur une chaise derrière un écran, huit heures par jour ? Non, ce n’était définitivement pas fait pour moi », lâche-t-il en souriant.

Né à Rimouski, le jeune homme fait ses premières armes à Chicoutimi. Avide de nouveaux défis, il use d’audace pour intégrer l’Auberge des Battures, à La Baie. « Une petite menterie, confesse-t-il. Ils exigeaient d’avoir un cours en cuisine. J’ai dit que j’en avais un, ils m’ont embauché. Ce n’est qu’un an et demi plus tard qu’ils ont compris que je n’avais aucune formation. J’ai alors pris la direction de l’ITHQ. Et je ne suis plus revenu à La Baie. »

C’est qu’une fois arrivé dans la métropole, Jimmy Bussières tente, une fois encore, un coup de poker. « Une autre légère menterie… », avoue-t-il. Informé qu’un poste se libère au Delta Centre-Ville, il se présente dans l’établissement et demande à rencontrer le chef, prétextant un rendez-vous… qu’il n’avait évidemment pas. Sans doute séduit par le cran du jeune loup, le maître des lieux, Hervé Dumont, accepte de le prendre sous son aile, à condition qu’il poursuive et termine son cours. « Ce fut mon mentor, un homme extrêmement inspirant et sans doute l’une des rencontres les plus importantes de ma vie, souffle Jimmy Bussières. Je suis resté là durant 11 années. J’ai gravi les échelons, j’ai travaillé dur. »

Mais le fougueux cuisinier souhaite goûter à d’autres méthodes et découvrir d’autres horizons. Il intègre tour à tour les équipes du Ritz, de l’Hôtel Nelligan, du Delta Montréal et, enfin, du William Gray, dont il fit l’ouverture. « Partir de rien, construire, bâtir, ce fut une superbe expérience », explique-t-il.

Pourtant, quand l’opportunité d’entrer au Château-Bromont se présente, Jimmy Bussières n’hésite guère. Avec les propriétaires du domaine, la chimie opère, la complicité est immédiate. « J’ai été allumé par les projets qu’ils m’ont présentés et notamment par les rénovations prévues pour 2019. Et puis comment résister à la vue et au charme des lieux ? », lance-t-il.

S’il sait qu’il lui faudra trouver des solutions concrètes au manque de personnel et casser « quelques vieilles mentalités », le nouveau chef exécutif se réjouit de pouvoir profiter des doux produits offerts par le potager du Château-Bromont et par les huit ruches de l’établissement. Pour séduire une clientèle composée tant de touristes de passage que de gourmands voisins, Jimmy Bussières entend revisiter les classiques de la gastronomie française, faire découvrir les cuisines fusion et asiatique et innover au niveau des présentations. « Je veux prendre du plaisir et en donner », résume-t-il.

Pourquoi le chef Bussières a-t-il choisi de passer le plus clair de sa carrière dans des cuisines d’établissements hôteliers ? Par simple besoin de se dépasser constamment, souligne-t-il. « J’aime les grands projets, les beaux événements, les immenses défis. J’aime quand il y a beaucoup de choses à gérer en même temps, quand ça court dans tous les sens, que tout le monde se relève les manches pour permettre à l’équipe d’aller au bout. »

On est, effectivement, très loin du quotidien qu’il aurait eu dans l’ambiance calme et feutrée d’une entreprise de dépannage informatique…

Source :  Pierre-Alain Belpaire
HRI Mag